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Développer leurs compétences à l’oral : prendre la parole, argumenter, convaincre…

Article publié le 01 octobre 2026 (mis à jour le 01 octobre 2026) – par Marie Raichvarg
4 minutes

Résumé

Dans cet épisode du podcast Ado, mode d'emploi, Marie Raichvarg reçoit Bertrand Périer, avocat et pédagogue de l'éloquence, pour expliquer comment aider les adolescents à mieux prendre la parole.

Il conseille de :

  • Ne pas viser la perfection, mais de privilégier l'authenticité.
  • Donner des occasions quotidiennes de parole.
  • Travailler le vocabulaire et normaliser la peur.
  • Utiliser l'IA comme simple outil.

Des pistes concrètes – du dîner familial au dictionnaire bien visible à la maison – montrent comment faire de la prise de parole un levier de confiance en soi.

Aller plus loin sur le sujet avec l’IA

Pourquoi l'oral reste une compétence clé

À l'heure où les outils numériques facilitent la rédaction, la parole conserve une valeur relationnelle unique : elle révèle une personnalité et crée une rencontre. Bertrand Périer rappelle que la parole n'est pas la simple oralisation d'un texte et qu'imiter un discours produit par une machine prive l'échange de sa singularité.

La parole comme rencontre

La parole vise d'abord à faire entendre qui l'on est. Une intervention sincère, même imparfaite, intéresse davantage qu'un texte parfait mais impersonnel. C'est ce principe qui rend l'oral indispensable au-delà des examens.

L'illusion de la perfection

Apprendre par cœur ou viser la perfection conduit souvent à l'échec. Le deuil de la perfection permet à l'adolescent d'oser, d'accepter une scorie ou un trébuchement sans perdre sa crédibilité.

La place de l'IA

Les outils d'intelligence artificielle peuvent analyser tics, gestuelle ou proposer des synthèses d'information, mais ils ne remplacent pas le point de vue personnel. Bertrand Périer insiste : l'IA est une aide précieuse, mais pas une solution de substitution à la voix propre de chacun.

Comment aider au quotidien à la maison

La première idée développée est de modifier le cadre familial pour multiplier les occasions de parole. Des rituels simples et réguliers entraînent la confiance et banalisent la prise de parole.

Créer des espaces de parole

Par exemple, transformer le dîner en moment de dialogue sans écrans. Un temps quotidien de 30 minutes permet d'échanger sincèrement et d'inviter l'adolescent à prendre la parole sans pression.

Des exercices non scolaires

Proposer des micro-activités comme un « coup de cœur / coup de gueule » sur la journée ou demander : « Qu'as-tu retenu de l'actualité ? » Ces formats courts favorisent l'expression spontanée et la prise d'habitude.

Favoriser le vocabulaire

Une astuce concrète : laisser traîner un dictionnaire à la maison et partir à la « chasse au mot juste » pendant les discussions. Enrichir le lexique rend la pensée plus précise et améliore la qualité des prises de parole.

Gérer la peur et l'échec

Ensuite, il est question de l'émotion : la peur n'est pas une anomalie à éradiquer mais une énergie à apprivoiser. La peur stimule lorsqu'elle est transformée en préparation.

Normaliser la peur

Bertrand Périer confie qu'il a encore peur quand il prend la parole. Et c'est normal. Admettre la peur aide l'adolescent à la vivre sans la laisser le paralyser.

La répétition comme remède

La fréquence est essentielle : pratiquer la parole chaque jour dilue l'émotion. Les enseignants anglo-saxons demandent souvent aux élèves de parler quotidiennement, ce qui banalise l'exercice et le rend moins anxiogène.

Commencer simple

En classe, conseiller une première phrase très simple évite la spirale du trac. Entrer en matière par une phrase facile permet de se relancer si nécessaire : « Je ne suis peut-être pas très clair, je recommence. »

Argumenter et convaincre

Enfin, développer l'argumentation passe par la construction d'une conviction et par l'anticipation des objections. Convaincre commence par le fait d'être convaincu et connaître les contre-arguments.

Se forger une opinion nuancée

Il est légitime pour un adolescent de ne pas avoir d'avis définitif. La conviction peut évoluer : l'important est d'en avoir une et de savoir pourquoi.

Anticiper l'adversaire

Technique d'avocat : envisager les objections potentielles pour « couper l'herbe sous le pied » d'un éventuel détracteur. Réfuter n'est pas mentir, c'est comprendre l'autre pour mieux argumenter.

Respect et bonne foi

Le débat doit rester honnête : éviter les sophismes et les attaques ad hominem. Apprendre à débattre de bonne foi protège le discours public et forme des citoyens responsables.

Le saviez-vous ?

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Marie Raichvarg
Marie Raichvarg
Directrice développement institutionnel et relation corporate Acadomia