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Ingénieur : un métier à accorder au féminin !

Article publié le 09 mars 2022 (mis à jour le 13 octobre 2026) – par Alexandre Delivré
3 minutes

À retenir

  • L’ingénierie ouvre sur des métiers variés, de l’environnement au numérique.
  • Les stéréotypes et l’autocensure freinent encore certaines vocations.
  • Découvrir des parcours d’ingénieures et expérimenter les sciences aide à se projeter.
  • L’entourage joue un rôle pour encourager des choix fondés sur les envies et les compétences.

Une prépa aux concours des écoles d’ingénieurs post-bac peut aider les jeunes filles à concrétiser leur ambition scientifique, sans se mettre de freins.

Aller plus loin sur le sujet avec l’IA

Devenir une ingénieure ingénieuse, et si c’était l’objectif ambitieux des années à venir pour toute jeune fille aimant les sciences ? « Plus tard, je serai inventeuse » est bien sûr un rêve possible pour une petite fille aujourd’hui.

Mais, en France, celles qui s’engagent dans des études d’ingénieurs sont encore trop rares. Alors, la faute à qui (ou à quoi), et y a-t-il des raisons d’espérer que cette voie ne soit plus perçue comme « une affaire de garçons » ?

Le métier d’ingénieur(e)

Comme le précise la Commission des Titres d’Ingénieurs « Le métier de l’ingénieur consiste à poser, étudier et résoudre de manière performante et innovante des problèmes souvent complexes de création, de conception, de réalisation, de mise en œuvre et de contrôle de produits, de systèmes ou de services. »

L’ingénieure est une créative, développeuse d’idées, qui organise, dirige et encadre un groupe de scientifiques et tente de mener à bien son projet. Elle dispose d’un solide bagage scientifique.

Parcours d’une (future) ingénieure

Son parcours scolaire dure en général 5 années d’études après le baccalauréat, en passant ou non par la case prépa ou par l’université. D’ailleurs, des passerelles existent pour celles qui auraient pris un chemin différent après le bac. Il n’est jamais trop tard pour rejoindre une filière passionnante où les métiers de demain se créent chaque jour, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Pour se préparer au métier, le choix des spécialités en fin de seconde et en fin de première compte :

  • Spécialité mathématiques (indispensable)
  • Spécialité physique-chimie
  • Spécialité sciences de l’ingénieur

… sont ainsi dans le top 3 des spés de première.

L’anglais étant une donnée importante dans le métier (nombreux échanges internationaux), avoir un bon niveau niveau (B2/C1) le plus tôt possible est un plus pour son dossier Parcoursup.

De nombreux secteurs d’activité possibles

Avec des métiers de terrain, de service, d’enseignement ou de laboratoire… le choix est vaste. Et le métier d’ingénieur concerne 7 principaux domaines d’activités :

  1. L’Industrie
  2. Les activités tertiaires
  3. Les sociétés de services et éditions de logiciels
  4. La Construction, le BTP (bâtiment et travaux publics)
  5. L’Électricité et le Gaz
  6. L’Eau, l’assainissement et la dépollution
  7. L’agriculture, La sylviculture et la pêche

Où sont nos ingénieures françaises ?

La langue française en est le premier constat : le terme « ingénieur », au départ, désigne « celui qui construit des machines de guerre », l’équation d’alors étant guerre + homme + sciences = absence des femmes.

Cela explique sans doute la – longue – rareté des femmes dans ce domaine. Jusqu’au début du 20e siècle les femmes restent reléguées à l’observation et au silence car elles n’ont pas leur place à l’université. Quelques exceptions à l’étranger comme Hedy Lamarr ou Katherine Johnson pourtant annoncent que oui, le métier d’ingénieur au féminin existe !

Exceptionnelles et rares, les femmes dans le domaine de la recherche et du génie scientifique peinent à trouver leur place. Aujourd’hui encore, entre idées reçues du style « les filles sont nulles en maths », l’injonction à la maternité qui raccourcit les études ou les freinent, et un monopole masculin dans les sciences encore très puissant, les entraves sont nombreuses. Le changement ne peut opérer que si l’École française forme ses futures têtes chercheuses et incite au choix des spécialités ou d’options scientifiques au lycée.

Des études et des métiers porteurs qui attirent encore peu les filles

97% des élèves ingénieurs  trouvent du travail en sortie d’école selon l’IESF (la Société des Ingénieurs Et Scientifiques de France). Pourtant, en 2019, on comptait seulement 28% de filles inscrites en école d’ingénieurs. Dans les métiers du numérique et le monde de la tech en plein développement, on compte encore… 75% d’hommes.

Au lycée, la spécialité sciences de l’ingénieur (NSI), prélude aux études d’ingénieurs, est encore très genrée : 2,6% des filles la choisissent, contre 15,2% des garçons. Il est donc peu étonnant que les postes dits de geeks soient toujours masculins. Et pourtant la première programmeuse informatique est Ada Lovelace, (1815-1852), une femme ! Le langage informatique Ada lui rend d’ailleurs hommage en choisissant son prénom.

Le saviez-vous ?

65% : c’est le pourcentage des étudiantes en informatique en Malaisie. Qui a dit que le génie des sciences numériques était réservé aux garçons ?

L’autocensure, un frein majeur lors du choix des études

L’observatoire sur la féminisation des métiers du numérique, selon le résultat d’une enquête Ipsos réalisée en 2020, apporte plusieurs éléments de réponse  au sujet de cette sous-représentation féminine du métier.

  • Les parents, prescripteurs numéro 1 pour leur progéniture, ne poussent que très rarement leurs filles à se diriger vers ces métiers.
  • Et, de leur côté, les filles, sévères avec elles-mêmes (plus que les garçons), se sous-estiment et pensent ne pas être à la hauteur pour candidater aux concours d’école d’ingé, même avec une moyenne de 14/20.

Pour lever ces blocages et encourager les filles à se tourner vers les métiers de l’ingénierie, des initiatives existent :

  • Acadomia et CentraleSupélec ont développé un programme commun sur le thème des sciences et du climat, avec le lancement, lors des vacances de printemps 2022, d’un stage-expérience inédit pour découvrir les matières scientifiques autrement à travers l’étude du réchauffement climatique. Cette démarche a pour but de valoriser la mixité et la diversité dans les filières scientifiques et à créer des vocations scientifiques.
  • La CDEFI (conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) a créé un concours pour toutes les élèves ingénieures : « Ingénieuses » récompense chaque année l’élève qui a marqué son année avec un projet scientifique remarquable. Une action pour lutter contre les stéréotypes de genre et promouvoir les métiers scientifiques au féminin.

Les stages intensifs de sciences Acadomia

Des cours de maths, de physique pour atteindre ses objectifs de résultats et d’orientation

  • L’association Elles Bougent : pour renforcer la mixité dans les secteurs professionnels de l’industrie et de la technologie, l’association organise des concours pour une entreprise plus féminine.
  • Les Journées nationales de l’ingénieur, promues par IESF (ingénieurs et scientifiques de France), se déroulent tous les ans au printemps, afin de donner envie à des jeunes filles d’être l’ingénieure de demain. Des conférences, des débats, des discussions avec pour sujets, l’environnement, l’industrie…
  • Le 4 mars c’est la journée des « Ingénieur.e.s », une journée créé par l’UNESCO en 2020 sous le sigle WED (World Engineering Day).
  • Le 8 mars, LA journée de la Femme : le jour pour se manifester aussi sur les réseaux sociaux via le #BreakTheBias ou #IngéEgalité, se mobiliser et mettre en lumière le métier d’ingénieur au féminin.

Pour conclure

Faire découvrir l’ingénierie aux jeunes filles, reconnaître leurs compétences et questionner les stéréotypes contribue à élargir leurs choix. Des cours particuliers de physique-chimie ou de maths peuvent soutenir celles qui souhaitent renforcer leurs acquis scientifiques et gagner en confiance. L’enjeu est de leur permettre d’explorer cette voie avec confiance et de choisir leur avenir selon leurs aspirations.

Alexandre Delivré
Alexandre Delivré
Chargé de missions pédagogiques chez Acadomia

Questions fréquentes sur la voie de l’ingénierie pour les filles

Partez de ce qui l’intéresse : comprendre un objet, programmer, protéger l’environnement ou inventer une solution. Proposez-lui de rencontrer des ingénieures, de visiter une école ou de participer à un atelier scientifique. Ces expériences rendent les métiers concrets et l’aident à se projeter au-delà des idées reçues.

Invitez-la à distinguer ses difficultés précises d’un jugement global sur ses capacités. Appuyez-vous sur ses travaux et les retours de ses enseignants pour identifier ses acquis et les points à renforcer. Encouragez-la à essayer, à poser des questions et à explorer les formations qui l’intéressent sans s’exclure d’emblée.

Plusieurs parcours permettent d’intégrer une école d’ingénieurs : admission après le bac, classe préparatoire ou admissions parallèles après une formation supérieure. Comparez les enseignements, les modalités d’accès et le rythme de travail de chaque voie. Le choix dépend du profil de votre enfant et des établissements qu’elle vise.

Les cours particuliers de mathématiques ou de physique-chimie permettent de reprendre des difficultés ciblées et d’approfondir les connaissances. Les stages intensifs offrent un temps dédié à l’entraînement. Une préparation aux concours post-bac peut compléter ce travail selon les écoles visées et les besoins de votre enfant.