Comment apprendre à apprendre ? [Face à l’IA : série soft-skills #1]
Résumé
Manon Dauzat, coach scolaire et spécialiste des apprentissages, et Marie Raichvarg répondent à la question de Claire sur l'aide à apporter à son fils de cinquième pour « apprendre à apprendre ». Elles expliquent ce que recouvre cette compétence, pourquoi elle est cruciale et comment la développer au quotidien :
- Comprendre la métacognition et sortir du simple « observer et répéter ».
- Questionner les stratégies d'apprentissage plutôt que la note pour construire du sens.
- Commencer tôt avec des questions simples et des exercices pratiques comme « penser à haute voix ».
- Recourir, si besoin, à un accompagnement en coaching scolaire pour structurer ces apprentissages.
Ces conseils concrets ont pour objectif de rendre l'élève autonome, concentré et confiant.
Qu'entend-on par « apprendre à apprendre » ?
Il s'agit d'une compétence à part entière, liée à la métacognition et à la manière dont on réfléchit sur ses propres apprentissages. Apprendre à apprendre, c'est conscientiser et questionner son processus mental afin de le rendre plus efficace.
La notion dépasse la simple méthodologie de cours : il s'agit d'identifier ce qui fonctionne pour soi, pas seulement d'appliquer un processus universel. Le podcast rappelle que notre cerveau n'était pas « fait » pour lire ou écrire à l'origine, ce sont des acquis culturels qui nécessitent des stratégies adaptées.
Apprendre à apprendre implique la métaconnaissance, c'est-à-dire réfléchir sur sa propre pensée. En observant et en analysant les étapes mentales, l'élève peut choisir des stratégies plus pertinentes pour mémoriser ou comprendre.
Il est utile d'avoir des repères sur le fonctionnement de la mémoire et de l'attention, mais chaque élève doit s'approprier les stratégies qui lui conviennent. Ce double mouvement – savoir générique puis adaptation personnelle – est au cœur du propos.
Pourquoi cette compétence est essentielle
La nécessité d'apprendre à apprendre se manifeste tout au long de la scolarité et dans la vie professionnelle. Elle favorise l'autonomie, la confiance et une meilleure gestion de l'erreur.
- Impact direct sur la réussite scolaire – En questionnant les démarches plutôt que la note, l'élève comprend pourquoi il échoue ou réussit. Un cerveau actif qui pose des questions retient mieux parce qu'il crée des liens et du sens autour des savoirs.
- Le virage collège-lycée – La transition vers le lycée révèle souvent un fossé entre ceux qui ont développé cette compétence et les autres. À l'entrée en cinquième ou au lycée, on passe d'un suivi guidé à une attente d'autonomie et d'esprit critique accrus.
- Utilité dans la vie professionnelle – Avec des métiers qui évoluent rapidement, la capacité à chercher, à comprendre et à réutiliser l'information devient un atout. Apprendre à apprendre prépare à l'adaptabilité professionnelle, compétence clé face aux changements technologiques.
Comment accompagner un enfant au quotidien
Concrètement, il s'agit moins d'imposer des méthodes que de questionner et d'expérimenter.
Le rôle du parent est d'interroger les stratégies plutôt que de juger la performance. Plutôt que : « Quelle note as-tu eue ? », posez : « Comment as-tu fait pour répondre ? » ou « Qu'est-ce qui a été compliqué ? ». Ces questions transforment l'erreur en levier d'amélioration et encouragent la réflexion sur le processus.
Des exercices simples aident beaucoup : demandez « Qu'est-ce que tu as préféré aujourd'hui ? », invitez l'enfant à « penser à haute voix » lors d'un exercice. Le « penser à haute voix » permet de rendre visible le dialogue interne et d'ajuster les aides, comme l'explique Manon Dauzat.
Instaurer de petites routines (objectifs clairs d'exercice, pauses structurées, reformulations) renforce la concentration et la mémoire. Créer du sens autour de chaque exercice augmente l'engagement et la confiance de l'élève.
Ressources et accompagnements
Il existe des parcours pour aider à structurer cette compétence, du coaching individuel aux stages de pré-rentrée. Des dispositifs d'accompagnement ciblés accélèrent l'appropriation de ces stratégies.
Un coach peut expliciter ce qui marche et pourquoi, puis aider l'élève à personnaliser ses outils. Acadomia propose des accompagnements et des stages pour travailler ces soft skills, particulièrement utiles avant des moments pivot comme la rentrée en lycée.
Même de jeunes enfants peuvent apprendre à verbaliser leur pensée. Commencer dès l'enfance permet d'intérioriser un état d'esprit centré sur le « comment » plutôt que le « suis-je bon ? ».
Le saviez-vous ?
Pour approfondir la méthodologie et aider concrètement votre enfant, Acadomia propose, pendant les vacances scolaires, des stages de méthodologie. Ces stages viennent compléter l'accompagnement parental et scolaire pour développer l'autonomie de l'enfant dans ses apprentissages.