Podcast

Mon enfant fait ses devoirs avec ChatGPT, c’est grave ? 1/2

Article publiĂ© le 02 octobre 2026 (mis Ă  jour le 02 octobre 2026) – par Alexandre DelivrĂ©
4 minutes

Résumé

Alexandre Delivré, enseignant et expert IA chez Acadomia, répond dans cet épisode du podcast Ado, mode d'emploi aux inquiétudes que l’usage de ChatGPT génère au sujet des devoirs. Il s’agit d’identifier risques et opportunités, et d’adopter une posture parentale adaptée.

  • Usage : l’IA aide à amorcer un travail mais ne doit pas le remplacer entièrement.
  • Matières : la littérature favorise l’IA, les maths exigent des modèles de raisonnement.
  • Âge : avant la 3ᵉ, le recul manque souvent pour une appropriation correcte.
  • Pédagogie : privilégier l’accompagnement plutôt que l’interdiction.
Aller plus loin sur le sujet avec l’IA

Pourquoi l’usage de ChatGPT inquiète tant les parents ?

La question de Mathilde énoncée en début d'épisode traduit une inquiétude répandue : les devoirs réalisés par une IA pourraient réduire l’apprentissage profond. Des études citées évoquent des taux d’usage élevés chez les 11-17 ans, offrant un repère sur l’ampleur du phénomène.

Des chiffres qui posent question

Les enquêtes mentionnées indiquent qu’un quart des élèves utilisait déjà ChatGPT à une date récente, puis des estimations plus récentes évoquent des taux allant jusqu’à 80–90 %. Ces chiffres montrent que l’IA n’est plus marginale dans la vie scolaire.

Fonctions exécutives et développement

Une étude universitaire suédoise souligne que les jeunes avec des difficultés exécutives se tournent davantage vers l’IA. Le risque est de fragiliser la concentration et la mémorisation si l’on délègue trop, surtout chez des cerveaux encore en développement.

Confiance en soi et comparaison

Un témoignage rapporte qu’une élève se sentait inférieure face à la rédaction « parfaite » produite par l’outil. La comparaison avec un modèle entraîné sur des milliards de textes peut nuire à l’estime et à la persévérance.

Usages concrets par matière : entre aide et piège

Attention, l’IA n’est ni neutre ni uniforme : son intérêt dépend fortement de la matière et de la façon dont elle est sollicitée. Différencier les usages selon les disciplines est essentiel.

Français et philosophie : un soutien rédactionnel

Pour les travaux littéraires, l’IA excelle à proposer des plans ou des formulations. Demander une structure d’introduction ou des exemples peut débloquer la page blanche, à condition que l’élève apporte ensuite ses idées.

Mathématiques et sciences : vigilance sur le calcul

Les modèles de langage sont peu fiables en calcul pur. Pour la physique-chimie et les maths, il est recommandé d’utiliser des « modèles de raisonnement » ou l’option « thinking/réfléchir ». Ces outils permettent de décomposer un exercice en étapes plutôt que de fournir une solution brute.

Histoire et storytelling : utile mais attention aux dates

L’IA peut restituer un contexte historique sous forme de récit pour aider la mémorisation, néanmoins elle peut halluciner des dates. Il faut vérifier les informations et favoriser l’esprit critique.

Quelle posture adopter en tant que parent et enseignant ?

Ensuite, il est question des réponses pratiques : l’interdiction pure et simple n’est pas la seule option, et souvent pas la meilleure. Accompagner reste la stratégie privilégiée.

Interdire ou accompagner ?

Plutôt que d’interdire, il est conseillé de reparler avec l’enfant, d’expliquer les enjeux et de fixer des règles claires sur ce qui constitue de l’aide acceptable avec une intelligence artificielle. La discussion aide à poser des limites et à renforcer l’autonomie.

Réinventer les devoirs

Sur le terrain, certains enseignants adaptent leurs pratiques : la classe inversée ou la demande d’éléments personnels (expériences, films vus) rend plus difficile une délégation totale à l’IA. Exiger une touche personnelle oblige l’élève à s’approprier le travail.

Conseils selon l’âge

Avant la 3ᵉ, beaucoup d’élèves manquent de recul pour utiliser l’IA à bon escient. Il est recommandé de limiter l’usage ou de l’encadrer strictement chez les plus jeunes, tandis que des lycéens bien accompagnés peuvent bénéficier d’un usage guidé.

Des pratiques recommandées pour un usage efficace

Enfin, pour transformer un risque en opportunité, des pratiques simples peuvent être mises en place par la famille et l’école. L’objectif est de rendre l’élève actif, pas passif.

Mode « ping-pong » et appropriation

L’usage interactif (poser une hypothèse, demander à l’IA de la reformuler, de corriger) favorise la rétention. Ce dialogue stimule la réflexion et évite la simple consommation de réponses.

Vérifier et croiser les sources

Comme l’IA peut inventer, il faut apprendre à vérifier les dates et les faits, et à croiser avec d’autres ressources. Le sens critique devient une compétence centrale.

Former plutôt que sanctionner

Former les élèves à des usages responsables et proposer des outils adaptés en classe est plus efficace que la sanction. La pédagogie proactive permet d’intégrer l’IA comme un outil pédagogique et non comme une béquille.

Le saviez-vous ?

Votre enfant peut être efficacement accompagné grâce à des parcours dédiés à la méthodologie et au guidage pédagogique : découvrez pour cela nos stages de méthodologie.

Alexandre Delivré
Alexandre Delivré
Chargé de missions pédagogiques chez Acadomia