Ingénieur : un métier à accorder au féminin !

Article mis à jour le 10 mars 2022
Devenir une ingénieure ingénieuse, et si c’était l’objectif ambitieux des années à venir pour toute jeune fille aimant les sciences ? "Plus tard, je serai inventeuse" est bien sûr un rêve possible pour une petite fille aujourd'hui.
élèves de lycée en cours de physique-chimie tenant un mobile de molécules entre ses mains

Mais, en France, celles qui s’engagent dans des études d’ingénieurs sont encore trop rares. Alors, la faute à qui (ou à quoi), et y-a-t-il des raisons d’espérer que cette voie ne soit plus perçue comme « une affaire de garçons » ?

Le métier d’ingénieur(e)

Comme le précise la Commission des Titres d’Ingénieurs “ Le métier de l’ingénieur consiste à poser, étudier et résoudre de manière performante et innovante des problèmes souvent complexes de création, de conception, de réalisation, de mise en œuvre et de contrôle de produits, de systèmes ou de services.” 

L’ingénieure est une créative, développeuse d’idées, qui organise, dirige et encadre, un groupe de scientifiques et tente de mener à bien son projet. Elle dispose d’un solide bagage scientifique, un parcours scolaire qui se termine dans le supérieur, en général 5 années d’études après le baccalauréat, en passant ou non par la case prépa ou université. D’ailleurs, des passerelles existent pour celles qui auraient pris un chemin différent après le bac et il n’est jamais trop tard pour rejoindre une filière passionnante où les métiers de demain se créent chaque jour, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. Pour se préparer au métier, le choix des spécialités en seconde et en première compte et l’anglais étant une donnée importante dans le métier (nombreux échanges internationaux), avoir le niveau le plus tôt possible est un plus pour son dossier ParcourSup.

Avec des métiers de terrain, de service, d’enseignement ou de laboratoire… le choix est vaste. Et le métier d’ingénieur concerne 7 domaines d’activités :

  1. L’Industrie
  2. Les activités tertiaires
  3. Les sociétés de services et éditions de logiciels
  4. La Construction, le BTP
  5. L’Electricité et le Gaz
  6. L’Eau, l’assainissement et la dépollution
  7. L’agriculture, La sylviculture et la pêche

Elles nous parlent de leur métier d’ingénieure : mieux que tous les discours, c’est par ici

Où sont nos ingénieures françaises ?

La langue française en est le premier constat : le terme « ingénieur » au départ désigne celui qui construit des machines de guerre, l’équation d’alors étant guerre + homme + sciences = absence des femmes.

Cela explique sans doute la – longue – rareté des femmes dans ce domaine. Jusqu’au début du 20e siècle les femmes restent reléguées à l’observation et au silence car elles n’ont pas leur place à l’université. Quelques exceptions à l’étranger comme Hedy Lamarr ou Katherine Johnson pourtant annoncent que oui, le métier d’ingénieur au féminin existe !

Exceptionnelles et rares, les femmes dans le domaine de la recherche et du génie scientifique peinent à trouver leur place. Aujourd’hui encore, entre idées reçues « les filles sont nulles en maths », l’injonction à la maternité qui raccourcit les études ou les freinent, et un monopole masculin dans les sciences encore très puissant, les entraves sont nombreuses. Le changement ne peut opérer que si l’école française forme ses futures têtes chercheuses et incite au choix des spécialités ou options scientifiques au lycée.

Des études et des métiers porteurs qui attirent encore peu les filles

97% des élèves ingénieurs  trouvent du travail en sortie d’école selon l’IESF. Pourtant, en 2019, on comptait seulement 28 % de filles inscrites en école d’ingénieurs. Dans les métiers du numérique et le monde de la tech, en plein développement, on compte encore… 75% d’hommes.

Au lycée, la spécialité Numérique et Sciences de l’informatique (NSI), prélude aux études d’ingénieurs, est encore très genrée : 2,6% des filles la choisissent, contre 15,2% des garçons. Il est donc peu étonnant que les postes dits de geeks soient toujours masculins. Et pourtant la première programmeuse informatique est Ada Lovelace, (1815-1852), une femme ! Le langage informatique Ada lui rend d’ailleurs hommage en choisissant son prénom.

L’autocensure, un frein majeur lors du choix des études

L’observatoire sur la féminisation des métiers du numérique, le résultat d’une enquête Ipsos 2020, apporte plusieurs éléments de réponse  au sujet de cette sous-représentation féminine du métier. Les parents, prescripteurs numéro 1 pour leur progéniture, ne poussent que très rarement leurs filles à se diriger vers ces métiers. Et, de leur côté, les filles, sévères avec elles-mêmes (plus que les garçons), se sous-estiment et pensent ne pas être à la hauteur pour candidater aux concours d’école d’ingé, même avec une moyenne de 14/20. 

Pour lever ces blocages et encourager les filles à se tourner vers les métiers de l’ingénierie, des initiatives existent :

  • Acadomia et CentraleSupélec développent un programme commun sur le thème des sciences et du climat, avec le lancement, aux vacances de printemps 2022, d’un stage-expérience inédit pour découvrir les matières scientifiques autrement à travers l’étude du réchauffement climatique.
    Une démarche qui a pour but de valoriser la mixité et la diversité dans les filières scientifiques et à créer des vocations scientifiques.
    Découvrir le programme de notre stage
  • La CDEFI (conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) a créé un concours pour toutes les élèves ingénieures : Ingénieuses récompense chaque année l’élève qui a marqué son année avec un projet scientifique remarquable. Une action pour lutter contre les stéréotypes de genre et promouvoir les métiers scientifiques au féminin.
  • L’association Elles Bougent : pour renforcer la mixité dans les secteurs professionnels de l’industrie et de la technologie, l’association organise des concours pour une entreprise plus féminine. En ce moment un challenge pour les lycéennes et étudiantes est organisé jusqu’au 29 avril 2022 pour « révolutionner l’industrie du futur ». Les lauréates se retrouveront le 19 mai, jour de la finale du challenge INNOVATECH.
  • Les journées nationales de l’ingénieur promues par IESF (ingénieurs et scientifiques de France), se déroulent du 4 au 20 mars 2022, tout pour donner envie d’être l’ingénieure de demain. Des conférences, des débats, des discussions avec pour sujets, l’environnement, l’industrie…
  • 65% : c’est le pourcentage des étudiantes en informatique en Malaisie. Qui a dit que le génie des sciences numériques était réservé aux garçons ?
  • Le 4 mars c’est la journée des Ingénieur.e.s , une journée créé par l’UNESCO en 2020 sous le sigle WED (pour : World Engineering Day)
  • Le 8 mars, LA journée de la Femme : le jour pour se manifester aussi sur les réseaux sociaux via le #BreakTheBias ou #IngéEgalité, se mobiliser et mettre en lumière le métier d’ingénieur au féminin.
    Une journée pour le dire et communiquer
L'auteur
Chargée de mission au sein du service pédagogie d’Acadomia
Claire participe à la veille pédagogique et à l’animation du blog pour toutes les problématiques liées au scolaire ou au parascolaire.
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