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L’art de manier l’accord du participe passĂ©

Article publié le 19 mai 2025 (mis à jour le 02 décembre 2025) - par Marie Tran
7 minutes

L’accord du participe passĂ© n’est pas chose aisĂ©e pour de nombreux Ă©lĂšves, et mĂȘme pour certains adultes. Ce cauchemar des cours de français, utilisĂ© dans les temps composĂ©s comme le passĂ© composĂ© et le plus-que-parfait, suit des rĂšgles prĂ©cises qui varient selon l’auxiliaire employĂ© et la position des complĂ©ments dans la phrase. Quelles sont les rĂšgles essentielles pour accorder le participe passĂ© sans se tromper ?

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Qu’est-ce qu’un participe passĂ© ?

Le participe passĂ© reprĂ©sente une forme verbale particuliĂšre qui appartient au mode impersonnel du verbe (sans pronom personnel). Un peu comme un camĂ©lĂ©on de la langue française, il s’adapte Ă  diffĂ©rentes situations : seul comme adjectif, avec l’auxiliaire ĂȘtre ou avoir pour former les temps composĂ©s, ou encore dans la voix passive.

Le participe passé remplit plusieurs fonctions essentielles. Il peut :

  • Qualifier un nom, de la mĂȘme maniĂšre que le fait un adjectif qualificatif Ă©pithĂšte : exemple, « Une lettre Ă©crite Ă  la main ».
  • Construire des temps verbaux : exemple, « Les hommes ont marchĂ© sur la lune ».
  • Exprimer une action accomplie dans une forme passive : exemple, « La fleur est cueillie ».

Sa maĂźtrise permet aux Ă©lĂšves de s’exprimer Ă  l’oral, mais surtout Ă  l’Ă©crit, avec plus de prĂ©cision et d’Ă©lĂ©gance.

Les rĂšgles fondamentales de l’accord avec l’auxiliaire ĂȘtre

« Les filles sont parties en vacances. » Cette phrase illustre la rĂšgle d’or de l’accord avec l’auxiliaire ĂȘtre : le participe passĂ© s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. Cette rĂšgle, abordĂ©e en CM1, constitue la base d’un apprentissage progressif des accords.

Se poser la question « Qui est-ce qui ? » pour identifier le sujet permet d’identifier s’il faut accorder au fĂ©minin et/ou au pluriel.

Exemples :

  • Elle est arrivĂ©_ : qui est-ce qui « est arrivĂ©_ » ? C’est « elle », donc accord au fĂ©minin singulier. Elle est arrivĂ©e.
  • Mes sƓurs sont rentrĂ©_ : qui est-ce qui « sont rentrĂ©_ » ? C’est « mes sƓurs », donc accord au fĂ©minin pluriel. Mes sƓurs sont rentrĂ©es.
  • Les garçons sont sorti_ : qui est-ce qui « sont sorti_ » ? C’est « les garçons », donc accord au masculin pluriel. Les garçons sont sortis.

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La particularité du pronom « on »

GĂ©nĂ©ralement, le pronom « on » dĂ©termine l’accord du participe passĂ© au masculin singulier. C’est, le cas, par exemple, dans la phrase « On est venu ». Toutefois, cet accord peut se faire au pluriel, voire au fĂ©minin quand les personnes dĂ©signĂ©es par « on » sont respectivement plusieurs ou toutes des membres de la gent fĂ©minine.

Exemples :

  • On est arrivĂ©s : si « on » dĂ©signe un groupe de personnes.
  • On est reparties : si « on » dĂ©signe uniquement des femmes.
  • « On » peut aussi dĂ©signer une femme seule. Dans ce cas, il est possible d’Ă©crire « Alors, on est devenue architecte ? », mais c’est plus rare.

La mĂ©thode Wilmet, une mĂ©thode ancienne et pratique, qui fait fi de l’auxiliaire

« Je n’arrive jamais Ă  savoir si je dois mettre un -e ou un -s ! » Cette remarque de Lucas, Ă©lĂšve de CM2, est frĂ©quente. La mĂ©thode Wilmet propose une approche simple : posez-vous deux questions clĂ©s.

  • « Qu’est-ce qui est ? » : si lorsqu’on Ă©crit le participe passĂ© on a dĂ©jĂ  Ă©crit « ce qui est », alors, on accorde le participe.
  • « L’ai-je dĂ©jĂ  Ă©crit ? » : si lorsqu’on Ă©crit le participe passĂ© on n’a pas encore Ă©crit ce qui est, ce qui fait l’action, alors, on n’accorde pas le participe.

Avantage n°1 de cette mĂ©thode : plus besoin de se prĂ©occuper de l’auxiliaire.

Exemples :

  • Vous avez mangĂ© des tartelettes. Quand on Ă©crit « mangĂ©_ », on n’a pas Ă©crit ce qui est mangĂ© (les tartelettes), donc, pas besoin d’accorder.
  • Les lits sont faits par mon pĂšre. Quand on Ă©crit « fait_ », on a dĂ©jĂ  Ă©crit ce qui est fait (les lits), donc, il faut accorder.

Avantage n°2, cette méthode fonctionne quand le COD est placé avant le verbe.

Exemple :

  • Les amis se sont prĂ©parĂ©s pour arriver Ă  l’heure. Quand on Ă©crit « prĂ©parĂ©_ », on a Ă©crit ce qui est prĂ©parĂ© (les amis), donc, il faut accorder.
  • Les parents se sont prĂ©parĂ© de bons petits plats. Quand on Ă©crit « prĂ©parĂ©_ », on n’a pas encore Ă©crit ce qui est prĂ©parĂ© (les bons petits plats), donc, il n’est pas nĂ©cessaire d’accorder.

La mĂ©thode Wilmet est donc trĂšs pratique. Elle ne s’embarrasse pas de grammaire et marche Ă  tous les coups !

L’accord avec l’auxiliaire avoir : les principes de base

La mĂ©thode Wilmet n’est pas encore trĂšs rĂ©pandue dans les Ă©coles. Aussi, la grammaire et la reconnaissance des fonctions des diffĂ©rents groupes constituant la phrase, demeure la mĂ©thode plus communĂ©ment enseignĂ©e.

Le rĂŽle du complĂ©ment d’objet direct (COD)

« Les pommes que j’ai mangĂ©es Ă©taient dĂ©licieuses. » Dans cette phrase, pourquoi « mangĂ©es » prend-il un accord ? La rĂ©ponse se trouve dans le complĂ©ment d’objet direct (COD). Le COD joue un rĂŽle dĂ©terminant avec l’auxiliaire avoir : quand il est placé avant le verbe, il dĂ©clenche l’accord du participe passĂ©.

Pour identifier le complĂ©ment d’objet direct, posez-vous la question « qui ? » ou « quoi ? » aprĂšs le verbe. Dans l’exemple « La lettre que j’ai Ă©crite » demandez « J’ai Ă©crit quoi ? ». C’est « La lettre » : le COD placĂ© avant, donc on accorde.

Exemples en fonction de la position du complĂ©ment d’objet direct :

  • COD avant le verbe, accord : « Les fleurs qu’elle a cueillies« .
  • COD aprĂšs le verbe, pas d’accord : « Elle a cueilli des fleurs« .

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Les verbes pronominaux : un cas particulier

L’accord du participe passĂ© des verbes pronominaux suit une logique particuliĂšre, comme l’explique Thomas, enseignant Acadomia : « Pensez Ă  un miroir qui reflĂšte l’action sur le sujet ».

Dans la plupart des cas, le verbe pronominal s’accorde avec le sujet, que sa valeur soit rĂ©flĂ©chie, rĂ©ciproque, passive ou essentiellement pronominale :

  • Valeur rĂ©flĂ©chie : « Ils se sont lavĂ©s. »
  • Valeur rĂ©ciproque : « Elles se sont regardĂ©es. »
  • Valeur passive : « La fenĂȘtre s’est ouverte toute seule. »
  • Valeur essentiellement pronominale : « Ils se sont souvenus. »

Quelques exceptions existent toutefois.

Quand le pronom rĂ©flĂ©chi n’est pas le COD

Ici, l’accord avec le sujet n’a pas lieu d’ĂȘtre : « Ils se sont prĂ©parĂ© un bon feu de cheminĂ©e ». En effet, « se » n’est pas le COD du verbe. Il dĂ©signe le bĂ©nĂ©ficiaire de l’action. Le COD est ici « un bon feu de cheminĂ©e ».

Quand on emploie certains verbes

Pour les verbes du type « se complaire », « se parler », « se succéder », le participe passé reste toujours invariable.

Exemples :

  • DiffĂ©rents ministres se sont succĂ©dĂ©.
  • Ils se sont complu dans leurs erreurs.

Comme dans la situation prĂ©cĂ©dente, le pronom « se » n’est pas le COD, mais le complĂ©ment d’objet indirect (COI) : les ministres ont succĂ©dĂ© aux ministres.

Le participe passĂ© suivi d’un infinitif

« Les chansons que j’ai entendu chanter Ă©taient magnifiques. » Cette phrase illustre une rĂšgle subtile que Marie, qui fait par ailleurs du soutien scolaire, explique Ă  ses Ă©lĂšves de collĂšge. Le participe passĂ© suivi d’un infinitif obĂ©it Ă  un principe simple : il s’accorde uniquement si le COD placĂ© avant fait l’action de l’infinitif.

Prenons un autre exemple : « Les enfants que j’ai vus jouer dans le jardin. » Ici, ce sont bien les enfants qui jouent, donc le participe passĂ© s’accorde. En revanche, dans « Les devoirs que j’ai fait corriger », ce ne sont pas les devoirs qui corrigent, donc pas d’accord.

Les verbes de perception et de mouvement

Imaginons Sarah qui observe son petit frĂšre dans le jardin : « Je l’ai vu courir vers la balançoire ». Dans cette phrase, le participe passĂ© reste invariable, car c’est un verbe de perception. Ces verbes comme voir, entendre, sentir ou Ă©couter suivent une rĂšgle particuliĂšre quand ils sont suivis d’un infinitif.

Pour les verbes de mouvement comme aller, venir, partir, le principe est diffĂ©rent. « Les enfants sont montĂ©s dans le bus » s’accorde, car le verbe est conjuguĂ© avec ĂȘtre. En revanche, « Les kilomĂštres qu’ils ont couru » reste invariable, car le verbe exprime une mesure.

Ces subtilitĂ©s, propres Ă  la conjugaison française, deviennent plus claires avec un accompagnement adaptĂ© qui permet aux Ă©lĂšves de s’approprier naturellement ces rĂšgles d’accord.

MĂ©thodes pratiques pour ne plus faire d’erreurs

Pour identifier rapidement si un accord est nécessaire, vous pouvez : repérer le participe passé, identifier son auxiliaire, puis vérifier la présence et la position du COD.

Prenons un exemple tirĂ© du journal de LĂ©a : « Les histoires que ma grand-mĂšre m’a racontĂ©es hier soir ». En appliquant cette mĂ©thode de vĂ©rification, on identifie « racontĂ©es » (participe passĂ©), « a » (auxiliaire avoir), et « que » (COD placĂ© avant, remplaçant « histoires »).

Les erreurs les plus fréquentes à éviter

Sarah, en classe de 4e, confie : « Les accords me semblaient impossibles avant le stage de remise Ă  niveau que j’ai fait pendant les vacances de PĂąques dans un centre Acadomia ». Cette Ă©lĂšve, comme beaucoup d’autres, confondait les participes passĂ©s en -Ă© avec les infinitifs en -er. Une astuce simple consiste Ă  remplacer le verbe par « prendre » : si on peut dire « prendre », c’est l’infinitif.

Une autre confusion classique concerne les verbes suivis d’un infinitif. « Les filles que j’ai entendu chanter » reste invariable, car le COD « les filles » n’effectue pas l’action d’entendre.

Enfin, pour les verbes pronominaux, demandez-vous qui fait l’action. Dans « Elles se sont lavĂ©es », ce sont « elles » qui se lavent, donc on accorde.

Exercices et applications concrĂštes

ChloĂ© propose une mĂ©thode d’entraĂźnement progressive Ă  ses Ă©lĂšves. « Commencez par transformer des phrases simples. Voyons cela avec l’exemple suivant : « Le chat mange la souris ». Cette formulation devient « La souris que le chat a mangĂ©e ». Avec ce genre de manipulation, on peut visualiser concrĂštement le mĂ©canisme d’accord du participe passĂ©. »

Les cours particuliers permettent d’adapter le niveau des exercices Ă  chaque Ă©lĂšve. ChloĂ© le constate chaque semaine au domicile de ses Ă©lĂšves. Par exemple, avec la phrase « Les Ă©lĂšves ont rĂ©ussi leurs examens cette annĂ©e », on peut crĂ©er plusieurs variantes :

  • « Les examens qu’ils ont rĂ©ussis cette annĂ©e. »
  • Ou encore une phrase interrogative : « Combien d’examens ont-ils rĂ©ussis cette annĂ©e ? »

Cette approche ludique transforme un exercice technique en moment d’apprentissage intĂ©ressant. Il permet non seulement de jongler avec la langue, mais aussi d’en explorer de nombreuses variantes.

Les cas complexes expliqués simplement

LĂ©a, autre enseignante Acadomia, prend toujours des exemples concrets, tirĂ©s du quotidien, pour dĂ©mystifier les cas complexes du participe passĂ©. Elle explique : « Les verbes de mesure comme ‘coĂ»ter’ ou ‘valoir’ suivent une rĂšgle particuliĂšre : ils restent invariables quand ils expriment un prix ou une valeur. C’est le cas dans l’exemple suivant : ces jeux vidĂ©o m’ont coĂ»tĂ© cher. »

Pour les verbes impersonnels comme falloir ou pleuvoir, le participe passĂ© reste toujours invariable. « Les orages qu’il a fallu supporter » illustre cette rĂšgle vues en cours de français en fin de collĂšge.

Le cas du pronom adverbial « en » mĂ©rite enfin une attention particuliĂšre. Dans la phrase « Des pommes, « j’en ai mangĂ© trois », le participe passĂ© reste invariable car « en » n’est pas un vĂ©ritable COD.

Pour résumer

L’accord du participe passĂ© repose sur quelques rĂšgles clĂ©s : identifier l’auxiliaire, repĂ©rer la position du COD et comprendre le fonctionnement du verbe.

  • Avec l’auxiliaire ĂȘtre : accord avec le sujet.
  • Avec le pronom on : accord selon ce que dĂ©signe rĂ©ellement on.
  • Avec l’auxiliaire avoir : accord uniquement si le COD est placĂ© avant.
  • Verbes pronominaux : accord avec le sujet, sauf lorsque « se » n’est pas COD.
  • Participe suivi d’un infinitif : accord seulement si le COD accomplit l’action de l’infinitif.
  • Cas particuliers : verbes de perception, de mesure, verbes impersonnels et pronom en gĂ©nĂ©ralement invariables.

En appliquant systĂ©matiquement ces repĂšres et en s’exerçant rĂ©guliĂšrement, l’accord du participe passĂ© devient plus clair et plus intuitif.

Marie Tran
Auteur de l’article : Marie Tran
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Les réponses à vos questions

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Les 3 rĂšgles principales de l’accord du participe passĂ© sont :

  1. Participe passĂ© seul s’accorde comme un adjectif avec le nom. Par exemple : « Des devoirs terminĂ©s ».
  2. Avec l’auxiliaire ĂȘtre l’accord avec le sujet se fait en genre et en nombre. Par exemple : « Les Ă©toiles sont apparues ».
  3. Avec l’auxiliaire avoir l’accord se fait uniquement si le COD est placĂ© avant le verbe. Par exemple : « Les chansons que j’ai Ă©crites ».

Pour identifier un participe passé, commencez par repérer sa terminaison caractéristique : -é pour le premier groupe (chanté, mangé), -i, -is ou -it pour le deuxiÚme groupe (fini, choisi), et des formes variables pour le troisiÚme groupe (pris, fait, vu).

Une mĂ©thode efficace consiste Ă  remplacer le verbe par « prendre » ou « vendre ». Si la forme obtenue est « pris » ou « vendu », vous avez bien affaire Ă  un participe passĂ© : « J’ai mangé » devient « J’ai pris ».

Autre astuce : si vous pouvez ajouter « été » ou « avoir » devant le mot, c’est un participe passĂ©. « La porte fermĂ©e » devient « La porte a Ă©tĂ© fermĂ©e ».

Choisir le bon auxiliaire ressemble Ă  un jeu de piste oĂč chaque indice compte. Pour les verbes de mouvement ou d’Ă©tat (aller, venir, rester, etc..), pensez Ă  une maison : on y entre et on y reste. Ces verbes se conjuguent naturellement avec ĂȘtre. Pour les autres verbes, comme dans l’exemple suivant : « J’ai couru 8 kilomĂštres », l’action sort de nous pour agir sur quelque chose. Ils prennent donc l’auxiliaire avoir.