Pourquoi est-il si important d’apprendre les langues étrangères ?

Article mis à jour le 27 octobre 2022
À l’heure où se développent les outils de traduction instantanée, faut-il encore se donner la peine d’apprendre une langue étrangère ? La réponse est oui !

Connaissez-vous les avantages pour un enfant ou un adulte de parler plusieurs langues ?

La France est très en retard sur le sujet et la situation peu glorieuse. Une enquête internationale sur la maîtrise de l’anglais, réalisée en 2021 par Education First, montre que les Français sont largement distancés par nombre d’autres pays européens.

Globalement, si le niveau a monté en dix ans, les Français restent bien en deçà du niveau d’anglais de leurs voisins néerlandais, autrichiens, danois ou belges. Pourtant, à tout âge, maîtriser une langue étrangère est une vraie chance, personnellement et professionnellement. On vous explique pourquoi.

Travailler ses compétences linguistiques n’est pas seulement bon pour le développement, cela participe à l’ouverture au monde, à sa compréhension

Des études récentes l’affirment, les enfants qui parlent plusieurs langues sont plus curieux et ouverts d’esprit que ceux qui ne parlent qu’une seule langue.

De plus, la maîtrise d’une nouvelle langue augmente leur capacité à communiquer et s’ouvrir davantage aux autres. Le cerveau bilingue se laisse également moins distraire, et l’apprentissage des langues étrangères améliore aussi la créativité.

On sait aussi qu’après avoir appris une première langue étrangère, il est moins difficile d’en apprendre d’autres… Il suffirait d’un premier pas, alors ? Oui, et cultiver les langues, cela peut se faire à la maison, à l’école, dans des contextes extrascolaires et séjours linguistiques de plus en plus divers, avec une nounou ou des tuteurs par exemple.

À l’université, la question est tout aussi pertinente : parmi les bénéfices d’étudier une langue, on peut en citer un qui ne va pas forcément de soi : cela améliore notre tolérance. Cet effet se manifeste de deux façons. Tout d’abord, cet apprentissage permet d’ouvrir les yeux sur d’autres façons de faire, ce qu’on nomme « compétence culturelle ».

L’autre gain lié à cet apprentissage est en rapport avec l’aisance plus ou moins grande à se retrouver dans une situation peu familière, que l’on nomme « tolérance à l’ambiguïté ».

Sans surprise, plus une personne est habituée à apprendre des langues, plus elle est à l’aise avec l’ambiguïté inhérente à cet apprentissage.

Et ce n’est pas tout. Les personnes dotées d’un haut niveau de tolérance à l’ambiguïté ont l’esprit d’entreprendre ; elles sont plus optimistes, plus portées sur l’innovation et la prise de risques. Maline l’université de Princeton qui a annoncé récemment que tous les étudiants, quel que soit leur niveau de langue à leur entrée à l’université, devaient désormais apprendre une langue étrangère…

L’apprentissage d’une langue, une arme de paix entre les peuples 

La compétence culturelle est essentielle dans un monde de plus en plus globalisé. Mais comment l’apprentissage des langues permet-il de la renforcer ? Apprendre une langue, c’est forcément s’imprégner de cultures différentes.

Des chercheurs ont démontré que lorsque leurs étudiants apprennent une langue, ils développent de nouvelles façons de comprendre une culture différente de la leur à travers l’analyse des stéréotypes culturels.

Ils expliquent ainsi que « l’apprentissage d’une nouvelle langue implique non seulement l’acquisition d’éléments linguistiques, mais aussi l’intégration de nouvelles façons de penser et de nouveaux comportements ».

Avec l’aide de leur professeur, les étudiants développent une pensée critique sur les stéréotypes associés à différentes cultures, ce qui participe à s’en émanciper bientôt.

Il s’agit ici de « l’intelligence sociale » décrite par le chercheur américain Robert Sternberg, car elle aide les individus à comprendre les informations non explicites de leur environnement, comme certains gestes chargés de sens ou d’autres éléments socialement signifiants. Intéressant !

Politiquement, cet apprentissage est encouragé en Europe par exemple avec la Journée européenne des langues créée par le Conseil de l’Europe en 2001 et qui a lieu chaque année le 26 septembre.

46 États membres participent à cet événement qui met en avant l’importance de maintenir la riche diversité linguistique de l’Europe, la nécessité de diversifier la gamme de langues apprises et le développement indispensable des compétences en langues vivantes dans les pays de l’Union.

La France en passe de rattraper son retard dans l’apprentissage des langues 

Il est intéressant d’analyser ici les écarts entre les propositions en France et chez ses voisins. Dès les années 1960, plusieurs pays comme les Pays-Bas, le Danemark ou la Suède avaient déjà pris des dispositions en introduisant l’apprentissage des langues étrangères tôt dans la scolarité.

La France a mis plus de temps hélas à s’ouvrir sur le sujet. Aujourd’hui pourtant, elle est l’un des pays européens où la durée d’apprentissage des langues durant la scolarité est la plus importante, même si le niveau d’expression écrite et surtout orale reste faible. Il nous faut travailler davantage les langues pour rattraper notre retard et en dégager tous les bienfaits pour notre vie professionnelle notamment.

L’anglais est bien sûr la langue la plus demandée par les recruteurs. Dans les sociétés internationales, cela fait longtemps que les communications ne sont plus traduites en français et qu’il est devenu fondamental de comprendre l’anglais.

Alors si vous ne maîtrisez pas parfaitement l’anglais, vous devez au moins indiquer sur votre CV quel niveau vous avez, voire quel type de pratique : occasionnelle, régulière ou professionnelle, si vous l’utilisez quotidiennement dans votre job actuel.

La seconde langue la plus demandée n’est pas l’espagnol, même si près de 3/4 des élèves l’ont choisi en deuxième langue, c’est en fait l’allemand. L’espagnol, l’italien, le russe viennent ensuite, mais le pourcentage d’offres d’emploi exigeant l’une de ces langues est faible car contrairement à l’anglais, seules quelques fonctions dans l’entreprise nécessitent leur pratique.

Le chinois (mandarin) connaît depuis quelques années un intérêt croissant dans les collèges et lycées, mais il reste assez peu demandé dans les offres d’emploi. Étant une langue très difficile à maîtriser, ce sera néanmoins un atout très différenciant si vous postulez pour un travail en relation avec la Chine.

« Where is Brian ? Brian is in the kitchen ! », cette phrase, innocente à première vue, est devenue iconique en ce qu’elle a longtemps été représentative, ne nous le cachons pas, du niveau moyen des Français en anglais, et plus généralement en langues étrangères. Cela dit, est-ce pour autant si important sur le CV d’un français qui ne veut pas forcément travailler à l’international ? La réponse est oui !

Aujourd’hui, les recruteurs considèrent cet atout comme fondamental et s’en servent volontiers pour différencier les CV qui seraient par ailleurs similaires. Même si la France est derrière les pays nordiques ou l’Allemagne dans ce domaine, les offres d’emploi incluent souvent une langue étrangère comme prérequis.

Et les salaires proposés pour un même type d’emploi sont en moyenne plus élevés lorsque le salarié doit maîtriser une langue étrangère.

Alors oui, continuez à progresser en langue car les traducteurs instantanés ne sont pas prêts encore à remplacer l’échange linguistique entre deux personnes et les recruteurs sont encore loin d’abandonner l’idée du bilinguisme comme atout professionnel.

Être nul en anglais peut enfin être tout au long de sa vie source de souffrance, par exemple au travail. Ces lacunes sont difficiles à assumer dans de nombreux secteurs, où la maîtrise de la langue de Shakespeare est devenue obligatoire. Essayez donc d’éviter ces grands moments de solitude.

En guise de conclusion

Si l’on en croit Gregg Roberts, spécialiste des langues et du bilinguisme au Département d’Éducation de l’Utah, « le monolinguisme est l’analphabétisme du 21e siècle ». Il n’a pas vraiment tort car aujourd’hui la majorité des populations sont bilingues.

Est-il suffisant alors d’avoir quelques notions pour baragouiner 2-3 mots avant de rapidement basculer sur Google Translate ou sur une appli qui va automatiquement traduire vos textos ou vos emails ?

Non, non, non ! La France, par le passé, n’a pas souvent valorisé les langues étrangères, c’est la raison pour laquelle elle a accumulé dans ce domaine bien du retard. Mais des progrès ont été réalisés.

À vous maintenant de renforcer vos atouts en développant des compétences linguistiques dans une ou plusieurs langues pour booster votre carrière. Cela permettra d’accéder à des postes avec plus de responsabilités, avec une rémunération plus élevée et également des perspectives internationales.

Et il n’est jamais trop tard. Si vous trouvez votre niveau en langue un peu faible et que vous avez besoin d’ajouter des atouts à votre CV, fixez-vous un objectif pour l’année prochaine et lancez-vous !

Favorisez des rencontres avec des étrangers, préparez un examen ou une certification, consommez films et podcasts en VO, lisez les livres dans leur langue originale… Tout est bon pour apprendre une langue qui vous mènera aussi, et c’est d’une importance majeure, à une plus grande tolérance vis-à-vis de cultures diverses, tolérance dont nous avons bien besoin aujourd’hui.

L'auteur
Universitaire de formation, passionnée par le sujet de l’éducation, de la formation et la transmission des savoirs, un séjour de 13 ans au Royaume-Uni a donné à mon expertise de l’enseignement une vision internationale et ouverte au monde en changement.
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