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Guide complet des homophones pour éviter les confusions

Article publié le 27 novembre 2025 (mis à jour le 02 décembre 2025) - par Marie Tran
12 minutes

Les homophones sont probablement l’un des domaines de l’orthographe française le plus source d’erreurs, posant problĂšme aussi bien aux Ă©lĂšves qu’aux adultes. Leur principal piĂšge tient au fait qu’ils se prononcent de la mĂȘme maniĂšre, mais n’ont ni le mĂȘme sens ni la mĂȘme orthographe. Cette apparente similitude peut transformer un texte correct en un amas de fautes qui modifie le sens, gĂȘne la comprĂ©hension, ou diminue la crĂ©dibilitĂ© de l’auteur.

Pourtant, comprendre et maĂźtriser les homophones n’est pas un objectif inaccessible. Avec des explications claires, des exemples concrets et un entraĂźnement rĂ©gulier, notamment en cours de français, il devient possible de les utiliser correctement. Ce guide complet s’adresse donc aux Ă©lĂšves, du primaire au lycĂ©e, mais aussi Ă  tous les adultes dĂ©sireux d’amĂ©liorer leur orthographe.

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Qu’est-ce qu’un homophone : dĂ©finition

Un homophone est un mot (ou un groupe de mots) qui se prononce de la mĂȘme maniĂšre, mais dont l’orthographe et le sens diffĂšrent.

Des mots qui se prononcent pareil

Ainsi, « peut », « peux » et « peu » sont trois homophones : un verbe conjuguĂ©, un verbe conjuguĂ© Ă  une autre personne, et un adverbe. Or, la prononciation Ă©tant identique, seule la grammaire, ou parfois le contexte lexical, permet d’identifier la bonne forme.

Exemples :

  • Ton enfant peut venir Ă  la maison demain. (verbe pouvoir)
  • Le chat boit peu de lait. (adverbe)
  • Tu peux m’aider ? (verbe pouvoir)

La prononciation est identique : Ă  l’oral, rien ne distingue les trois. Mais la fonction grammaticale diffĂšre. L’écrit exige donc une rĂ©flexion systĂ©matique. C’est cette diversitĂ© silencieuse qui fait des homophones un piĂšge frĂ©quent : vous ne pouvez pas uniquement « écouter » pour savoir Ă©crire ces mots. Vous devez rĂ©flĂ©chir.

Distinguer les deux grandes familles d’homophones

Les homophones se divisent en deux grandes catégories :

  1. Les homophones grammaticaux, qui relÚvent de la grammaire (verbes, pronoms, prépositions
)
  2. Les homophones lexicaux, qui relùvent du vocabulaire (noms, adjectifs
)

Commençons par les premiers, les plus fréquents dans les fautes de copie.

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Les homophones grammaticaux

Les homophones grammaticaux regroupent des mots dont la diffĂ©rence repose sur leur nature grammaticale : dĂ©terminants, verbes conjuguĂ©s, pronoms, prĂ©positions. Ils sont trĂšs frĂ©quents, parfois minuscules, mais ils peuvent changer complĂštement le sens d’une phrase.

Quels sont les principaux homophones grammaticaux : la liste

Voici notre sĂ©lection de 7 groupes d’homophones grammaticaux sur lesquels les Ă©lĂšves suivant des cours particuliers Acadomia s’exercent le plus.

Peu / peut / peux

Ces trois formes du mĂȘme son demandent une vĂ©ritable analyse grammaticale.

  • Peu est un adverbe qui signifie « en petite quantité ». → Exemples : Il mange trĂšs peu le matin. Vous avez fait peu d’erreurs.
  • Peut est le verbe pouvoir Ă  la 3ᔉ personne du singulier du prĂ©sent de l’indicatif. → Exemple : Il peut rĂ©ussir.
  • Peux est la forme du mĂȘme verbe au mĂȘme temps, Ă  la 1Êłá”‰ ou 2ᔉ personne du singulier. → Exemples : Je peux vous aider. Tu peux venir, s’il te plaĂźt ?

Astuce : pour savoir s’il faut Ă©crire peu, peut ou peux, remplacez par « pouvait ». Si la phrase reste correcte, c’est peut ou peux.

PrĂȘt / prĂšs

Une confusion frĂ©quente, car les « prĂšs » et « prĂȘt » appartiennent Ă  diverses catĂ©gories.

  • PrĂȘt peut ĂȘtre un adjectif signifiant « prĂ©paré ». → Exemples : Il est prĂȘt Ă  partir. Sont-ils prĂȘts pour l’examen ?
  • PrĂȘt est aussi un nom commun dĂ©signant un emprunt. → Exemple : Elle a souscrit un prĂȘt Ă  sa banque.
  • PrĂšs est enfin un adverbe indiquant une proximitĂ©. → Exemples : Marine habite prĂšs du collĂšge. Rapprochez-vous prĂšs de la fenĂȘtre.

Astuce : si vous pouvez remplacer par « proche de », il faut écrire prÚs.

C’est / s’est / sais / sait

Ces quatre formes (c’est, s’est, etc.) sont parmi les homophones les plus piĂ©geux.

  • C’est = cela est. → Exemple : C’est une bonne idĂ©e.
  • S’est = pronom rĂ©flĂ©chi « se » + verbe ĂȘtre. → Exemple : Elle s’est levĂ©e tĂŽt ce matin.
  • Sais et sait = conjugaison du verbe « savoir » Ă  la 1Êłá”‰ ou 2ᔉ personne du singulier (sais) ou encore Ă  la 3ᔉ personne du singulier du prĂ©sent de l’indicatif. → Exemples : Je sais que tu te caches. Tu sais bien jouer de la guitare. Antoine sait compter jusqu’Ă  100.

Astuce : si on peut remplacer par « cela est », utiliser c’est.

À / a

Les fameux a avec ou sans accent. Deux mots minuscules mais fondamentaux.

  • À = une prĂ©position. → Exemple : Je vais Ă  Paris.
  • A (sans accent, donc) = verbe avoir conjuguĂ© Ă  la 3ᔉ personne du singulier du prĂ©sent de l’indicatif. → Exemple : Le bĂ©bĂ© a une drĂŽle de tĂȘte.

Astuce : remplacez par « avait ». Si c’est correct, il s’agit de « a ». Vous ne ferez ainsi plus jamais l’erreur entre a ou à !

Quel / qu’elle

Ici aussi, on a affaire Ă  des homophones trĂšs (trop ?) souvent confondus. Faut-il Ă©crire quel ou qu’elle ? Vaste question !

  • Quel et quelle (au fĂ©minin) = adjectifs interrogatifs ou exclamatifs. → Exemples : Quel jour est-on ? Quelle histoire !
  • Qu’elle (et qu’elles) = que + elle(s). → Exemples : Il faut qu’elle vienne. Je ne sais pas ce qu’elles ont en tĂȘte.

Astuce : si vous pouvez remplacer par « qu’il(s) », il s’agit de qu’elle(s). Attention seulement au singulier ou au pluriel du pronom personnel fĂ©minin.

Son / sont

Ici encore, un grand classique rencontré en salle de classe et en soutien scolaire.

  • Son = dĂ©terminant possessif dans la majoritĂ© des cas. On peut aussi le rencontrer sous forme de nom commun. Dans ce cas, il correspond soit Ă  un bruit, soit Ă  un rĂ©sidu de cĂ©rĂ©ale. → Exemples : C’est son livre. Le mur du son a Ă©tĂ© franchi. Je mange du pain au son.
  • Sont = le verbe ĂȘtre conjuguĂ© Ă  la 3ᔉ personne du pluriel du prĂ©sent de l’indicatif. → Exemple : Les poules sont dans le jardin.

Astuce : afin de savoir si vous devez mettre « sont ou son, remplacez par « étaient ». Si la phrase fonctionne, utilisez alors « sont ».

Met / mets / mais

Ces homophones réservent bien des surprises.

  • Met = verbe mettre Ă  la 3ᔉ personne du singulier du prĂ©sent de l’indicatif. → Exemple : Le chien met sa patte sur mon genou.
  • Mets = verbe mettre, notamment Ă  la 1Êłá”‰ ou 2ᔉ personne du singulier du prĂ©sent de l’indicatif. C’est aussi un nom commun dĂ©signant un plat rempli de nourriture. → Exemple : Je mets mon bonnet. Tu mets tes bottes. Ces mets sont appĂ©tissants.
  • Mais = conjonction de coordination marquant une opposition. → Exemple : J’aimerais bien venir, mais je suis fatiguĂ©.

Astuce : si vous pouvez remplacer par « pourtant », c’est « mais ».

Nous n’avons, par ailleurs, pas dressĂ© ici la liste complĂšte de tous les homonymes de cette famille. Un article dĂ©taille tous les met, mais et autres m’est, si vous souhaitez en apprendre davantage.

Les homophones lexicaux : quels sont-ils ?

Les homophones lexicaux ne dépendent pas de la grammaire, mais du principalement sens. Le contexte est le seul moyen de les distinguer.

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Voici les exemples les plus courants.

Air / aire / Úre / erre

  • Air = ce que l’on respire, une apparence ou une mĂ©lodie. → Exemples : L’air de la montagne est pur. Il a l’air content de lui. Cet air de Chopin est ravissant.
  • Aire = surface dĂ©limitĂ©e. → Exemple : Nous sommes sur une aire de repos.
  • Ère = pĂ©riode historique. → Exemple : Avant cette pĂ©riode, il y a eu l’Ăšre glaciaire.
  • Erre = Ă©lan (usage plutĂŽt littĂ©raire). → Exemple : La barque continue d’avancer sur son erre.

Mer / mÚre / maire

  • Mer = Ă©tendue d’eau salĂ©e.
  • MĂšre = parent fĂ©minin.
  • Maire = Ă©lu d’une commune.

Exemple avec les trois mots : La mĂšre du maire marche au bord de la mer.

Ver / vert / verre / vers

  • Ver = petit animal au corps mou et sans pattes.
  • Vert = couleur.
  • Verre = rĂ©cipient ou matiĂšre.
  • Vers = direction ou ligne poĂ©tique.

Exemple (un peu absurde) avec différentes acceptions de ces homophones : Un verre (récipient) à la main, elle récite des vers (ligne poétique), tout en se dirigeant vers (direction) un siÚge vert (couleur) en forme de ver (petit animal).

Compte / conte / comte

  • Compte = calcul, Ă©valuation (et aussi forme de conjugaison du verbe compter au prĂ©sent de l’indicatif). → Exemple : Il a tout consignĂ© dans un livre de comptes.
  • Conte = rĂ©cit souvent imaginaire. → Exemple : La maĂźtresse lit le conte du Petit chaperon rouge.
  • Comte = titre de noblesse. → Exemple : Monsieur le comte habite un chĂąteau.

Pair / paire / pÚre

  • Pair = Ă©gal ou membre d’un groupe. → Exemple  : Nous aimons dĂźner entre pairs au restaurant.
  • Paire = ensemble de deux. → Exemple : Mets ta paire de gants pour ne pas avoir froid aux mains.
  • PĂšre = parent masculin. → Exemple : Mon pĂšre Ă©tait une personne trĂšs douce.

Reine / rĂȘne / renne

  • Reine = souveraine. → Exemple  : Elizabeth II a Ă©tĂ© une grande reine d’Angleterre.
  • RĂȘne = bande pour diriger un cheval. → Exemple : Il tire sur les rĂȘnes pour arrĂȘter son cheval.
  • Renne = animal nordique. → Exemple : Le traĂźneau du PĂšre NoĂ«l est tirĂ© par des rennes.

Cerf / serf / sers / sert / serre

  • Cerf = animal. → Exemple : Bambi devient un cerf magnifique.
  • Serf = paysan non-libre au Moyen Âge. → Exemple : Le serf devait respect Ă  son seigneur.
  • Sers / sert = verbe servir Ă  la 1Êłá”‰ ou 2ᔉ personne du singulier du prĂ©sent de l’indicatif, ainsi qu’Ă  la 3ᔉ personne du singulier. → Exemples : Je sers le thĂ© Ă  cinq heures. Tu te sers bien de cet outil. « Rien ne sert de courir, il faut partir Ă  point » (proverbe utilisĂ© dans la fable Le liĂšvre et la tortue de Jean de La Fontaine).
  • Serre = griffes d’oiseau de proie ou structure close servant Ă  favoriser la croissance des plantes. → Exemples : Les serres de l’aigle sont acĂ©rĂ©es. Je fais pousser des tomates dans ma serre. (On omet volontairement ici la conjugaison du verbe serrer.)

Cour / cours / court / courre

  • Cour = espace gĂ©nĂ©ralement clos ou l’entourage d’un monarque. → Exemples : La cour de rĂ©crĂ©ation est grande. La cour de Louis XIV Ă©tait Ă  Versailles.
  • Cours = leçon ou verbe courir Ă  la 1Êłá”‰ ou 2ᔉ personne du singulier du prĂ©sent de l’indicatif. → Exemples : Le cours de maths commence. Je cours un marathon dans huit jours. Tu cours le risque de perdre.
  • Court = adjectif ou verbe courir Ă  la 3ᔉ personne du singulier du prĂ©sent de l’indicatif. → Exemples : « Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme ! » (dĂ©but de la fameuse tirade du nez, in Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand). Elle court Ă  perdre haleine.
  • Courre = verbe rare et vieilli utilisĂ© dans l’expression « chasse Ă  courre ».

Apprendre Ă  mieux utiliser les diffĂ©rents types d’homophones

Prenez un moment pour appliquer ce que vous venez d’apprendre. Ces exercices vous permettront de vĂ©rifier votre comprĂ©hension des homophones grammaticaux et lexicaux, et ainsi, de renforcer vos rĂ©flexes.

Exercice 1 – Homophones grammaticaux (niveau collùge 6ùme-5ùme)

Consigne : pour chaque phrase, choisissez la bonne solution parmi les deux propositions. Une seule réponse est correcte.

  1. Il peut/peux venir demain.
  2. Je peu/peux vous aider un peu/peut si vous le voulez.
  3. Nous sommes presque prĂšs/prĂȘts.
  4. Elle habite prĂšs/prĂȘt de sont/son Ă©cole.
  5. C’est/s’est un petit merle qui sais/s’est mis Ă  chanter.
  6. L’enfant sait/s’est levĂ© trĂšs tĂŽt ce matin.
  7. Le loup a/Ă  emportĂ© l’agneau jusqu’a/Ă  la forĂȘt.
  8. Quelle/quel livre est sur la table ?
  9. Qu’ils son/sont beaux, les son/sons de cet instrument !
  10. Il met/m’est toujours son manteau avant de sortir, mais/mai aujourd’hui, il a oubliĂ©.

Correction : 1. peut ; 2. peux / peu ; 3. prĂȘts ; 4. prĂšs / son ; 5. c’est / s’est ; 6. s’est ; 7. a / Ă  ; 8. quel ; 9. sont / sons ; 10. met ; mais

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Exercice 2 – Homophones lexicaux (niveau primaire CM1-CM2)

Consigne : dans cet exercice, pour chaque phrase, choisissez la forme correcte parmi les deux homophones proposés. Une seule réponse est correcte.

  1. La mer/mĂšre est agitĂ©e aujourd’hui : les vagues sont hautes.
  2. Le comte/conte raconte une histoire à ses invités.
  3. Il voudrait une pĂšre/paire de lunettes.
  4. Le cheval avance au pas : il faut tenir les rĂȘnes/rennes bien droits.
  5. Le serre/cerf aux grands bois traverse la clairiĂšre en silence.
  6. Si tu as soif, prends un autre verre/ver.
  7. La maison se trouve vert/vers le parc.
  8. Nous entrons dans une nouvelle air/Ăšre technologique.
  9. Mon pĂšre/paire ne veut pas que je rentre trop tard Ă  la maison.
  10. La voiture continue d’avancer sur son air/erre.

Correction : 1. mer ; 2. comte ; 3. paire ; 4. rĂȘnes ; 5. cerf ; 6. verre ; 7. vers ; 8. Ăšre ; 9. pĂšre ; 10. erre

À retenir

Les homophones sont un passage obligé pour écrire correctement en français.

Ils exigent :

  • Une analyse grammaticale.
  • Une comprĂ©hension profonde du sens des mots et des phrases dans leur contexte.
  • Une vigilance constante, car la prononciation ne suffit jamais.

En utilisant quelques astuces simples et en s’exerçant rĂ©guliĂšrement, vous et votre enfant pouvez maĂźtriser mĂȘme les familles d’homophones les plus complexes.

La clĂ© est simple : ne vous fiez jamais Ă  l’oreille, mais au sens et Ă  la grammaire. Si besoin, les cours et exercices proposĂ©s par Acadomia peuvent vous accompagner dans cet apprentissage.

Marie Tran
Auteur de l’article : Marie Tran
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Un homophone, c’est quand deux mots se prononcent pareil, mais ne s’écrivent pas pareil.

Exemple : mer / mĂšre / maire → mĂȘme son, mais orthographe diffĂ©rente.

Un homonyme, est un mot plus gĂ©nĂ©ral : il dĂ©signe des mots qui se prononcent pareil et/ou qui s’écrivent de la mĂȘme façon, mais dont le sens change.

Exemple : vol (ce que fait un oiseau) / vol (un cambriolage) → mĂȘme orthographe, sens diffĂ©rent.

En dĂ©finitive, un homophone = un type d’homonyme.