Médecine : Focus sur la PACES

Tout savoir sur la PACES

Le parcours

Les études de médecine se tiennent exclusivement à l’université mais font exception car elles ne suivent pas le plan européen du LMD (Licence-Master-Doctorat). Elles sont plus longues : 9 années post-bac pour devenir médecin généraliste et 10 à 12 pour pratiquer la médecine spécialisée (chirurgie, radiologie, pédiatrie, etc.). Leur singularité tient aussi au fait qu’elles associent l’acquisition des connaissances théoriques à la pratique hospitalière.

La première année (PACES pour première année commune aux études de santé) est généraliste et regroupe plusieurs filières médicales (médecine, odontologie, maïeutique, pharmacologie et kinésithérapie) dans lesquelles les étudiants ne se spécialisent qu’à partir de la deuxième année.

La PACES est composée de deux semestres (aussi appelés quadrimestres), tous deux sanctionnés par des partiels à l’issue desquels un classement final détermine l’admission, ou non, en deuxième année dans le respect du numerus clausus, défini chaque année par arrêté ministériel.

Le numerus clausus varie d’une université à l’autre mais, en moyenne, seuls 20 % des étudiants réussissent l’entrée en deuxième année.

C’est lors du deuxième quadrimestre que les étudiants se prononcent sur les concours spécifiques qu’ils souhaitent passer (entre médecine, odontologie, maïeutique, pharmacologie et masso-kinésithérapie).

Les 2e et 3e années consistent en un approfondissement des enseignements de PACES, assorti de périodes de stages, notamment en soins infirmiers. À la fin de la troisième année, l’étudiant obtient son DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales).

De la 4e à la 6e année, c’est l’externat consacré à la thérapeutique et à la prévention des pathologies. Les enseignements sont organisés en modules thématiques et en séminaires transversaux. À la fin de la 6e année, l’étudiant obtient son DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales).

À partir de la 7e année, c’est l’externat qui dure de 3 à 6 ans selon la spécialité choisie. Les cours théoriques sont moins présents et l’étudiant est un membre à part entière de l’équipe médicale de sa structure.

Après avoir validé ses stages, ses enseignements théoriques et sa thèse d’exercice, l’étudiant obtient finalement le diplôme d’État de docteur en médecine et le DES (diplôme d’études spécialisées) dans la discipline suivie.

Les enseignements

L’année de PACES s’articule autour de cours magistraux dispensés en amphithéâtre et d’enseignements dirigés en petit groupe.

Le programme se compose :

  • de sciences fondamentales (biologie, biophysique, biochimie, pharmacologie, etc.),

  • de sciences médicales (anatomie, histologie, embryologie, physiologie, etc.),

  • de sciences humaines et sociales (histoire de la médecine, psychologie médicale, éthique, etc.).


Les étudiants suivent également des matières de spécialité selon le ou les concours pour lesquels ils ont opté.

La pédagogie y est très théorique et nécessite une grande force de travail ainsi qu’une excellente capacité de mémorisation car le par cœur y est roi. L’ambiance dans certaines universités peut être très compétitive en raison du concours de fin d’année. Par conséquent, les étudiants sont nombreux à suivre en parallèle des cours de soutien (prépa privée, tutorat de l’université ou cours particuliers). Acadomia propose ici un accompagnement à la réussite en médecine.

L’admission

L’entrée en médecine se fait par le biais de la procédure Parcoursup et est essentiellement conditionnée par l’obtention du baccalauréat.

Théoriquement, quelle que soit sa filière de terminale, un élève peut entrer en médecine. Cependant, dans la pratique, seuls les élèves de la filière générale scientifique tirent vraiment leur épingle du jeu lors des concours de PACES.

La filière PACES de certaines universités est dite « en tension » (c’est-à-dire que la formation n’a pas une capacité d’accueil suffisante pour accepter la totalité des candidats). Pour ces facultés, la sélection est plus stricte : consultation du dossier scolaire (moyennes, appréciation des enseignants, notes du baccalauréat anticipé) et vigilance quant à l’adéquation du candidat avec les attendus en médecine.

Débouchés

L’exercice de la médecine est multiple et varié et dépend de la spécialité et des aspirations du diplômé. Il est possible d’exercer en hôpital, en clinique, en cabinet libéral, en officine, en industrie, dans le public ou le privé… Bref, les opportunités sont très nombreuses.

Par ailleurs, bien qu’il soit détesté la première année, le numerus clausus a un vrai avantage en sortie d’études : le chômage est quasiment inexistant !

Réforme en cours

Une réforme en cours va impliquer de grands bouleversements dans l’organisation des études de médecine et prendra effet à la rentrée de 2020.

L’objectif de cette réforme est de mettre en place une orientation plus progressive et moins stressante pour les étudiants (afin d’éviter l’actuel « grand gâchis humain ») et de diversifier les profils des futurs professionnels de la santé.

Au jour de la rédaction de ce document, les nouvelles modalités ne sont pas encore connues avec exactitude et un comité de pilotage travaille à la finalisation de ce nouveau cursus, dont la première année serait nommée « Portail Santé ».

Voici toutefois les grandes intentions de la réforme :

La fin du numerus clausus et du concours d’entrée en deuxième année.

La réforme impliquerait la disparition du numerus clausus et donc du concours de fin de 1re année pour laisser place à un premier cycle de 3 ans durant lequel les étudiants construiraient plus tranquillement leur parcours propre par des choix d’option ou de spécialité.

Le passage en 2e année serait sanctionné par le contrôle continu et/ou un entretien en fin de première année.

Reste que la filière devra continuer à sélectionner les élèves pour répondre à un principe de réalité (en effet, chaque année, 60 000 élèves candidatent en médecine alors que la capacité d’accueil en deuxième année n’est que de 12 000 places, tous métiers confondus).

Ainsi, même si la fin du numerus clausus et du concours de première année peut paraître séduisante, il y a fort à penser qu’elle n’aura pour conséquence que le déplacement de la sélection, qui se portera probablement davantage sur l’admission ou sur le contrôle continu.

Des pistes évoquent même la mise en place d’un « numerus apertus » (c’est-à-dire « ouvert ») ; un intervalle entre un quota plancher (pour éviter la désertification des professionnels de la santé) et un quota plafond (pour éviter l’engorgement de la profession et ses conséquences) qui pourrait être communiqué aux universités afin de les aider dans la régulation des flux étudiants.

La possibilité d’intégrer médecine après une L2, une L3 ou un Master d’une autre filière grâce à la « mineure Santé ».

Cette disposition est un chantier important de la réforme et s’inspire du projet « Alter-PACES » déjà en place dans quelques universités françaises. L’objectif est de désengorger Portail Santé et surtout de diversifier les profils des futurs professionnels de la santé. En effet, la filière a besoin de renforcer l’enseignement des compétences d’ouverture (psychologie, éthique, etc.) pour répondre aux nouvelles problématiques, et se montrera intéressée par des profils en sciences humaines par exemple.

Le principe est simple : quelle que soit sa filière, un étudiant pourra rejoindre médecine après un premier cursus universitaire, à condition qu’il y ait suivi la mineure Santé.

L’objectif est que toutes les universités soient en capacité de proposer cette mineure et que le quota d’admis par ce biais soit suffisamment significatif (plus de 30 % des étudiants) pour valoriser l’audace stratégique des étudiants ayant opté pour ce parcours « détourné ».

Les modalités de la transition du cursus non-médical vers les études médicales, ainsi que sa sélection, ne sont pas connues.

L’impossibilité de redoubler

Pour les non-admis en deuxième année, plusieurs cas seront possibles :

  • Les « reçus-collés », ayant une moyenne supérieure à 10, donc ayant validé leur année, mais sans faire partie des admis en deuxième année, devront s’inscrire dans une autre licence qu’ils intégreront directement en L2.

  • Les recalés, ayant une moyenne inférieure à 10, donc n’ayant pas validé leur année, seront réorientés dans une autre Licence sans possibilité d’être intégrés à un niveau L2.


Dans les deux cas, ces étudiants, s’ils suivent la mineure Santé, pourront tenter de rejoindre à nouveau le cursus médical.

Ces informations relatives à la réforme sont données à titre indicatif et doivent être entérinées ultérieurement pour donner suite aux annonces à venir du comité de pilotage.