Focus sur les IEP

Suivre une formation en institut d’études politiques

Quel profil pour faire Sciences Po ?

Les IEP attirent essentiellement les (très bons) élèves de ES, mais aussi de S et de L. Le profil requis : être attiré par l’histoire, les sciences politiques, le droit, avoir une bonne culture générale, suivre de près l’actualité, aimer le débat d’idées et disposer de solides capacités de rédaction, d’analyse et de synthèse.

Comment se passe l’admission ? 

Quatre concours distincts permettent d’accéder aux différents IEP après le bac. Ils sont tous très exigeants.

Le concours de Sciences Po Paris

Ce concours offre environ 800 places. Il est ouvert aux élèves de terminale uniquement et se compose de deux étapes :

  • L’évaluation du dossier de candidature, qui peut dispenser certains candidats d’épreuves écrites.


Les épreuves écrites :

  • Les épreuves écrites comprennent une épreuve d’histoire de 4 h, une épreuve à option de 3 h (mathématiques, SES ou littérature et philosophie) et une épreuve de langue vivante d’1 h 30.

  • L’oral consiste en un entretien de 20 min. Il a pour objet d’évaluer, notamment, la maîtrise de l’expression orale, la motivation du candidat, son ouverture d’esprit, sa curiosité intellectuelle ainsi que sa capacité à développer une réflexion personnelle.


Le concours commun « réseau SCpo »

Il permet de candidater en même temps à 7 IEP (Aix, Lille, Lyon, Rennes, St-Germain-en-Laye, Strasbourg et Toulouse) et propose un total de 1 200 places environ. Il est ouvert aux élèves préparant le baccalauréat et aux bacheliers de l’année précédente.

Le concours, qui ne comprend ni examen de dossier ni entretien oral, est composé de 3 épreuves écrites :

  • Une dissertation de questions contemporaines de 3 h, centrée sur un programme thématique annuel,

  • Une dissertation d’histoire de 3 h, centrée sur un programme annuel,

  • Une épreuve de langue vivante d’1 h 30.


L’admission dans tel ou tel IEP se fait d’après le classement du candidat au concours et selon ses préférences.


Le concours de l’IEP de Bordeaux

Il offre environ 220 places et est ouvert aux élèves de terminale uniquement. Le concours, qui ne comprend pas d’oral d’admission, se compose de 3 épreuves écrites :

  •  Une composition de 3 h sur un thème d’actualité, à partir d’un dossier comprenant un ou plusieurs documents,

  • Une épreuve d’histoire de 2 h (question de cours choisie parmi le programme d’histoire de première S),

  • Une épreuve de langue vivante d’1 h 30.


Le concours de l’IEP de Grenoble.

Ouvert pour moitié aux élèves de terminale et aux bacheliers de l’année précédente, il offre environ 200 places.

Le concours, qui ne comprend pas d’oral d’admission, se compose de 2 épreuves écrites :

  • Une épreuve de 4 h sur un ouvrage d’histoire contemporaine (une œuvre au programme chaque année),

  • Une épreuve de langue vivante d’1 h.


À noter : Les IEP ne font à ce jour pas partie de la procédure Parcoursup, et les inscriptions aux concours ont lieu assez tôt dans l’année.

Comment se déroule la scolarité en IEP ?

Les IEP ont chacun leurs spécificités mais présentent de nombreux points communs :

  • Tous proposent une formation pluridisciplinaire fondée sur l’enseignement des sciences politiques, de l’histoire, du droit, des langues vivantes, de l’économie et des relations internationales.

Dans chaque établissement, les études s’articulent en 2 cycles :

  • Le premier cycle, de 3 ans, consiste en une formation généraliste et, en majorité, de tronc commun.

  • Le cycle master, de 2 ans, est consacré à la spécialisation et à la professionnalisation.

  • Tous les étudiants, quel que soit l’IEP, passent obligatoirement leur 3e année (2e pour Bordeaux et Grenoble) à l’étranger. Cette année de mobilité prend la forme d’une année d’études dans une université partenaire et/ou d’un stage dans une entreprise, une administration ou une association à l’étranger.

  • Les 2 années de master sont conçues comme une professionnalisation progressive ; l’intervention de nombreux professionnels et les stages obligatoires préparent à l’entrée directe dans le monde du travail.

  • Pour valider chaque année de formation, les étudiants doivent obtenir 60 crédits. Cette validation repose sur des notes de contrôle continu et des notes de contrôle final, des examens étant organisés en fin de semestre.

Quelles sont les spécificités des différents IEP ?

Les IEP se singularisent notamment par l’offre proposée en masters (ou doubles masters en partenariat), leurs domaines d’excellence et l’orientation géographique de leurs formations internationales.

  • Sciences Po Paris est le seul à bénéficier d’un statut de « Grand Établissement ». Il propose l’offre de masters la plus large et se distingue par ses formations d’excellence vers la haute fonction publique. L’IEP parisien dispose par ailleurs de 6 campus en région ayant chacun une spécificité géographique.

  • Lille, très réputé pour sa filière journalisme, propose des passerelles avec l’École Supérieure de Journalisme ; il est également recherché pour sa section « carrières européennes et internationales » et ses nombreux doubles diplômes avec des universités étrangères.

  • Lyon, très tourné vers l’international,est le seul IEP à proposer des diplômes d’établissement qui ont pour objectif d’assurer une spécialisation universitaire sur une région du monde.

  • Strasbourg met en avant sa proximité avec les institutions européennes et attire les étudiants tentés par la fonction publique internationale. Il est également réputé pour ses masters en économie et finance.

  • Rennes se distingue par son offre en alternance, ses spécialisations dans le domaine de la santé publique, de l’aménagement urbain, du développement durable et par son important centre de préparation aux grands concours.

  • Aix-en-Provence propose des formations axées sur l’international (notamment le monde arabe), un double cursus franco-allemand et dispose d’un grand centre de recherche (SHERPA).

  • Les particularités de Toulouse concernent ses spécialités proposées dans le domaine de la sécurité et de la gestion des risques, de l’aide au développement et de l’action culturelle.

  • St-Germain-en-Laye, le plus récent des IEP (il a ouvert ses portes en 2014), est davantage tourné vers la politique de la ville et la gouvernance des territoires.

  • Bordeaux mise sur l’international en proposant de nombreux doubles masters en partenariat avec des universités étrangères. Il est également réputé pour ses préparations aux concours administratifs.

  • Grenoble est renommé dans le domaine des sciences sociales et des institutions européennes.

Comment choisir son IEP ?

Les critères à prendre en compte pour faire son choix :

  • L’attractivité et donc la sélectivité des différents IEP. Sciences Po Paris, le plus prestigieux, est ainsi le plus sélectif des 10 établissements.

  • Les spécificités des concours, le contenu et le niveau des différentes épreuves ; il est fort recommandé de consulter les annales des concours et les rapports des jurys.

  • L’offre de spécialités et masters, les partenariats, les opportunités géographiques de chaque IEP.

  • Les frais de scolarité, très variables d’un IEP à l’autre. Aix-en-Provence et Grenoble ont des frais de scolarité fixes, mais ceux des autres établissements dépendent des revenus des parents.

  • L’éloignement géographique, l’attractivité du campus, le coût et la qualité de la vie étudiante locale…

Quels secteurs et quels métiers après un IEP ?

Les IEP ont eux-mêmes défini le panorama de leurs débouchés professionnels, regroupés dans les 6 secteurs de métiers suivants :

  • Action et administration publiques : métiers des trois fonctions publiques (de l’État, territoriale et hospitalière), commissaire de police, magistrat, attaché territorial, directeur d’établissement sanitaire et social, inspecteur des douanes, directeur des finances publiques, attaché parlementaire, expert en politiques publiques, etc.

  • Affaires européennes, internationales et stratégiques : lobbyiste, chargé de projets européens, fonctionnaire européen, chargé de coopération transfrontalière, directeur du développement durable, etc.

  •  Culture, communication, médias : grand reporter, journaliste, chargé de communication, web analyst, directeur d’institutions culturelles, etc.

  • Expertise, recherche, enseignement : enseignant-chercheur, auditeur financier, chargé de ressources humaines, chargé de mission et d’études, expert en évaluation, consultant, etc.

  • Management, économie, entreprises : créateur d’entreprise, chef de produit, juriste d’affaires, avocat, directeur général des services, directeur des ressources humaines, etc.

  • Risque, santé, social : attaché humanitaire, directeur d’hôpital, cadre des institutions sociales, responsable risque dans des sociétés d’assurance, consultant défense et sécurité, etc.


Il est à noter que 60 % des diplômés de Sciences Po travaillent dans le privé (entreprises et associations) et 20 % à l’international.