Focus sur les écoles d'ingénieurs

Intégrer une école d’ingénieur

Le parcours

En France, un peu plus de 200 écoles délivrent le titre d’ingénieur après 5 années d’études supérieures. Ce titre est accessible après avoir suivi une formation habilitée par la Commission des Titres d’Ingénieurs (CTI). La moitié de ces écoles recrute immédiatement après le baccalauréat, les autres à partir d’un bac + 2 validé (notamment CPGE scientifiques).

Les écoles dites post-bac proposent généralement deux premières années théoriques communément appelées prépa intégrée avant l’entrée en cycle ingénieur à partir de la troisième année. La continuité naturelle lorsqu’un élève entre en école post-bac veut qu’il réalise tout son cursus dans l’établissement en question, mais il lui est également possible de tenter des concours d’admission parallèles pour changer d’école en cours de cursus.

Il existe aussi des écoles ou universités organisées en réseau, proposant des cycles préparatoires communs (CPC) durant lesquels les étudiants suivent pendant deux ans des enseignements généraux pour être ensuite affectés dans une des écoles du réseau, en fonction de leur classement. 

Dans le cas de la prépa intégrée ou du cycle préparatoire commun, la scolarité s’organise donc classiquement en 2+3 années. Les trois dernières années correspondent au cycle ingénieur.

Les écoles d’ingénieurs post-bac sont de deux natures :

  • les écoles généralistes qui dispensent les premières années un enseignement scientifique pluridisciplinaire à large spectre. L’étudiant a le temps d’approfondir son orientation en appréhendant, par le biais des options et de ses stages, son affinité avec les différentes disciplines. C’est à partir de la troisième année qu’il choisira une spécialité sectorielle ou fonctionnelle.

  • les écoles spécialisées qui proposent dès l’entrée une dominante d’enseignement orientée vers une spécialité scientifique (informatique, aéronautique, développement durable, etc.). Ces écoles dispensent une formation scientifique généraliste de qualité mais approfondissent dès la première année un domaine en particulier. Elles sont destinées aux étudiants ayant dès le lycée une idée précise de leur projet professionnel et de leur préférence sectorielle. 

Les enseignements

Les deux premières années, une place centrale est donnée aux sciences fondamentales et théoriques (mathématiques, physique, sciences de l’ingénieur, informatique, chimie, etc.), et ce même dans les écoles dites spécialisées. L’objectif est d’approfondir les notions de fin de cycle lycéen pour acquérir d’excellentes aptitudes sur un socle scientifique commun dont aura besoin un ingénieur quelle que soit sa spécialité. Lors de ces années de prépa intégrée, le programme et le rythme de travail sont proches de ce qui est demandé en prépa scientifique externe suivie en lycée (CPGE), bien que l’approche y soit plus concrète.

À partir de la troisième année viennent les enseignements plus techniques qui permettront à l’étudiant de s’orienter progressivement vers un secteur précis.

Le programme laisse également une place significative aux compétences liées à l’environnement de l’entreprise qui sont également nécessaires au métier d’ingénieur : droit, ressources humaines, management, gestion, marketing, etc.

Enfin, des cours de langues permettent de préparer les tests d’anglais puisqu’un niveau certifié (TOEIC, IELTS, BULATS, etc.) conditionnera en fin de cursus la délivrance du titre d’ingénieur.

L’admission

Toutes les écoles d’ingénieurs post-bac recrutent par le biais de Parcoursup. Dans tous les cas seront étudiés :

  • le dossier scolaire : les résultats (plus particulièrement dans les matières scientifiques), les appréciations des enseignants et les notes du bac anticipé,

  • la motivation du projet renseignée dans Parcoursup,

  • la conformité du candidat avec les attendus de l’école.


À cette première sélection peut venir s’associer :

  • un concours écrit (épreuves scientifiques et parfois de langues et français),

  • et /ou un concours oral (généralement un entretien de motivation).


Pour connaître les modalités d’admission d’une école en particulier, il convient de se renseigner directement auprès de l’établissement ou en se rendant sur son site Internet.

Les concours

Les écoles post-bac recrutant sur concours se regroupent souvent sous une même banque (c’est-à-dire qu’en passant un même concours, on tente l’admission dans plusieurs écoles). Les écoles en concours propre (c’est-à-dire un concours pour une seule école) se raréfient.

Les plus grandes banques de concours d’ingénieurs sont (liste non exhaustive) :

Puissance Alpha

Il permet de présenter 16 écoles (ex : ISEN, ELISA, ESIEE, etc.), impose 4 épreuves (mathématiques, physique, chimie-biologie et motivation-personnalité), majoritairement sous forme de QCM, qui permettent d’évaluer le niveau en sciences de l’élève ainsi que l’adéquation de son profil avec la filière.

32 % des candidats seront retenus. Cliquez pour en savoir plus.

Avenir

Il regroupe 8 écoles, (Ex : Esigelec, Estaca, EISTI, etc.) fait passer 2 types de concours. L’un pour les bacheliers de la filière S, qui propose 4 épreuves (mathématiques, physique, anglais, français) sous forme de QCM, l’autre pour les bacheliers STI2D qui consiste en un entretien oral de motivation. Dans les deux cas, une première phase de sélection permet d’identifier les élèves présentant les meilleurs dossiers, nommés « Grands classés », qui sont dispensés des épreuves du concours et admis directement.

20 % des candidats seront retenus. Cliquez pour en savoir plus.

Advance

Il permet de présenter 4 écoles (Epita, ESME, IPSA, Sup’Biotech). La première étape de sélection consiste en l’attribution d’une note sur dossier scolaire. Les meilleurs sont nommés « Grands classés » et dispensés de toute épreuve. Pour les autres :

  • les élèves en S passent des épreuves orales (mathématiques, anglais, synthèse et motivation) puis, s’ils ne sont pas nommés « Classés supplémentaires » à l’issue de ces oraux, un concours écrit de 4, voire 5 épreuves sous forme de QCM (mathématiques, physique, anglais, compréhension et expression pour tous et sciences du vivant & chimie pour les candidats Sup’Biotech).

  • les élèves de STI2D et STL ne passent que des oraux (anglais, mathématiques, entretien de synthèse et de motivation + biochimie et sciences du vivant pour les STL exclusivement).


21 % des candidats seront retenus. Cliquez pour en savoir plus.

Geipi Polytech

Il permet de candidater pour 31 écoles (ex : Sup Galilée, Télécom, Polytech, etc.) dont 16 davantage destinées aux bacheliers technologiques, à travers deux concours : l’un à destination des élèves de STI2D et STL qui consiste en un entretien oral de motivation, l’autre pour les bacheliers S qui propose soit un entretien de motivation pour les « Grands classés » (élèves dont le dossier scolaire est jugé très solide), soit, pour tous les autres candidats, deux épreuves écrites en mathématiques et physique-chimie sous forme d’exercices type bac.

21 % des candidats seront retenus. Cliquez pour en savoir plus.

Pour plus d’informations (détails sur les écoles, coefficients des épreuves, calendrier des concours, consultation des annales, etc.), il convient de se reporter aux différents sites des concours.

Acadomia propose ici une préparation à ces concours qui permet d’optimiser largement ses chances d’y réussir.

Débouchés

Un ingénieur sera amené à travailler dans la branche d’activité dans laquelle il se sera spécialisé durant son cursus et qu’il aura côtoyée grâce à ses stages. Il pourra donc intervenir dans différents secteurs (ex : pétrochimie, informatique, télécommunications, optique, etc.) mais aussi dans différents services (recherche et développement, conseil et expertise, production) selon ses affinités et les opportunités au moment de sa recherche d’emploi. Il pourra également travailler à l’étranger.

Il occupe généralement des postes d’encadrement de projet et/ou de management.

Grâce au lien tissé avec le monde de l’entreprise, les écoles d’ingénieurs sont en capacité de dispenser des formations au plus près de la réalité du marché, ce qui a pour effet de favoriser le recrutement des diplômés. Ces écoles restent un tremplin indéniable vers l’emploi. L’enquête Insertion publiée en 2018 par la Conférence des Grandes Écoles annonce que 90 % des diplômés d’écoles d’ingénieurs trouvent un emploi au cours de l’année suivant leur sortie d’école (62 % avant même la fin de leur cursus) et le plus souvent en CDI.

Le métier est rémunérateur puisque le salaire moyen d’embauche pour les jeunes diplômés est de 33 353 € bruts annuels hors primes.